
Assurance et finance durable en 2024 : chiffres clés, engagements ESG et investissements des assureurs
France Assureurs publie chaque année une étude de référence visant à mesurer l'intégration des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les pratiques des assureurs français. L'édition 2024 s'inscrit dans un contexte américain marqué par un certain recul des ambitions climatiques, mais aussi par des besoins de financement toujours plus élevés pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.
L'étude repose sur les données collectées auprès de 23 groupes d'assurance, représentant 91 % des actifs du marché, ce qui en fait un baromètre robuste et représentatif.
L'objectif du rapport est double :
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rendre compte de l'état d'avancement des engagements ESG du secteur ;
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identifier les marges de progression dans un contexte économique, réglementaire et géopolitique complexe
Une gouvernance ESG désormais largement structurée
L'intégration des enjeux ESG repose sur des politiques d'investissement responsable formalisées, aujourd'hui généralisées dans le secteur.
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100 % des assureurs du panel disposent d'une politique d'investissement responsable ou ESG validée par leur conseil d'administration ou leur comité exécutif.
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Ces politiques s'articulent autour de trois piliers principaux :
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exclusions sectorielles ciblées ;
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analyse ESG systématique des émetteurs ;
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démarches d'engagement actionnarial et de vote
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Par ailleurs, 89 % des actifs gérés, soit 1 797 milliards d'euros, sont couverts par une analyse extrafinancière ESG, incluant 97 % des actions et obligations d'entreprises.
Des engagements climatiques majoritaires et mesurables
Les assureurs français confirment leur alignement avec les objectifs climatiques internationaux :
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86 % des actifs gérés relèvent d'assureurs engagés vers la neutralité carbone à horizon 2050
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92 % des actifs sont couverts par des objectifs intermédiaires alignés sur une trajectoire 1,5 °C
Ces engagements s'accompagnent d'outils de suivi, notamment le calcul de l'empreinte carbone et l'analyse de scénarios climatiques.
Une forte progression des investissements verts
À fin 2024, les assureurs détiennent près de 200 milliards d'euros de placements verts, soit 9,7 % de leurs actifs hors unités de compte, en hausse de 17,3 % sur un an. Ces investissements couvrent notamment :
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les obligations vertes
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les infrastructures vertes
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l'immobilier certifié
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les fonds environnementaux
À titre de comparaison, plus de 6 euros sont investis dans des actifs verts pour 1 euro investi dans les énergies fossiles.
A noter que la pgae méthodologie du rapport est très légère et que le notion de "placements verts" n'est définie nulle part pas précision

Une exposition aux énergies fossiles en nette diminution
Le désengagement des énergies fossiles se confirme en 2024.
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1,5 % des actifs gérés sont exposés au secteur pétrole et gaz, soit 29,6 milliards d'euros.
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L'exposition au charbon est devenue quasi nulle, avec :
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0,9 milliard d'euros pour le charbon thermique ;
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0,3 milliard d'euros pour le charbon métallurgique.
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Tous les assureurs du panel ont désormais fixé une date de sortie du charbon, majoritairement à horizon 2030 dans l'Union européenne.
Biodiversité et transition juste : des enjeux désormais intégrés
La biodiversité s'impose comme un axe structurant :
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98 % des actifs couverts par une analyse des impacts et dépendances à la biodiversité
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88 % des actifs font l'objet d'un calcul d'empreinte biodiversité
Par ailleurs, les assureurs contribuent au financement de la transition juste, notamment via des obligations durables, sociales ou de transition.
Recommandations
Le rapport ne formule pas de recommandations normatives explicites, mais met en lumière plusieurs enjeux structurants pour les années à venir :
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améliorer l'harmonisation des méthodologies d'analyse climat et biodiversité ;
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accroître la part des investissements alignés sur la taxonomie européenne, encore limitée à 2,7 % des actifs en 2024.
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renforcer la mesure des impacts réels des investissements sur l'économie et les écosystèmes.